PACTE EUROPÉEN POUR LA MONTAGNE

Rapport n° 94526

Intervention de Benoît Auguste – 27 mars 2025

Le 27 mars 2025 en Assemblée plénière du Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, Alexis Jolly (RN) s’est prononcé contre notre perte de souveraineté à l’avantage de l’Union Européenne sur nos montagne.

Monsieur le Président,   
Chers collègues,

Voici un rapport qui, sous couvert de défendre la montagne, n’est rien d’autre qu’une tentative de plus d’européanisation d’un domaine où la France, et singulièrement notre région Auvergne-Rhône-Alpes, excelle déjà sans avoir eu besoin de l’Union Européenne.

Ce « Pacte Européen pour la Montagne » nous est présenté comme une belle initiative, un outil de coopération, une reconnaissance des territoires de montagne dans les politiques européennes. Mais en réalité, c’est toujours la même manœuvre : une avancée masquée vers une gouvernance technocratique centralisée au niveau européen.

Et c’est là qu’on dit stop : Assez de cette logique où l’Europe prétend venir organiser, réguler, encadrer ce que nous savons déjà faire mieux qu’elle.

Soyons en fiers : la France est une puissance mondiale de la montagne. Nos stations de ski sont parmi les plus réputées de la planète. Nous accueillons chaque année des millions de touristes. Nos domaines sont à la pointe en matière d’infrastructures, de qualité de service, d’innovation. Val Thorens, Tignes, Les Arcs, L’Alpe d’Huez ou encore La Clusaz n’ont pas attendu une quelconque stratégie européenne pour devenir ce qu’ils sont.

Ce sont nos élus locaux, à commencer par nos maires de montagne, qui ont œuvré sans relâche pour aménager, moderniser, protéger et faire rayonner nos massifs. Pas la Commission européenne ou des fonctionnaires anonymes de la SUE (Stratégie de l’Union Européenne pour la Région Alpine), une structure que personne ne connaît, mais qui prétend venir nous apprendre comment gérer nos vallées et nos sommets.

Pourquoi faudrait-il maintenant se plier à une nouvelle couche de gouvernance européenne pour nos montagnes ? Pourquoi devrions-nous brader notre savoir-faire, notre expérience, notre autonomie à Bruxelles ?

On nous parle de « fléchage des fonds », de « coordination », de « politique de cohésion ». Mais tout cela c’est pour faire avaler la pilule plus facile et plaquer la vision idéologique de l’UE sur nos belles montagnes, une vision où le développement économique passe au second plan, au profit d’objectifs à rebours de nos intérêts.

Nous ne sommes pas naïfs : derrière ce pacte pour la montagne, il y a surtout le Pacte Vert Européen, avec cette obsession climatique qui sert de religion à l’oligarchie de Bruxelles. On veut nous imposer la neutralité carbone pour flinguer nos entreprises, la « mobilité douce » pour interdire aux gens de prendre leurs voitures, la fin des remontées mécaniques à terme et même des quotas touristiques dans certaines zones naturelles, pour détruire notre économie touristique.

Nous ne voulons pas, et nos territoires de montagne non plus, de cette religion d’Etat écologiste qui méprise les réalités humaines, économiques et sociales des territoires.

Nos agriculteurs de montagne n’ont pas besoin d’un « observatoire européen » pour savoir comment travailler. Nos éleveurs n’ont pas besoin d’indicateurs européens, ils ont besoin de liberté, de soutien et de reconnaissance.     Nos stations de ski n’ont pas besoin de fonctionnaires européens pour imaginer leur avenir. Elles ont déjà su s’adapter, diversifier leurs activités et investir dans des équipements plus responsables et économes en énergie

Le bon sens est déjà là, sur le terrain. Ce sont nos élus de montagne qui le portent. Pas les technocrates. Et disons-le franchement : si certains pays alpins ont du retards, qu’ils nous prennent en exemple. Ce n’est pas à nous de nous aligner sur le plus faible dénominateur commun européen.

Nous ne voulons pas d’une montagne sous tutelle. Nous ne voulons pas d’un pilotage européen, et nous ne voulons pas de cette idéologie mondialiste verte qui gangrène l’Union européenne et pénalise toujours les mêmes : les territoires ruraux, les petits et les enracinés.

Derrière les grands mots, c’est la dépossession et l’abandon de notre souveraineté territoriale. Au Rassemblement National, nous le répétons : l’Europe doit rester à sa place. Qu’elle commence déjà par défendre nos frontières et nos intérêts stratégiques, avant de venir mettre le nez dans nos montagnes.    


La montagne est bien gérée sans Bruxelles. Elle est française, et qu’elle doit le rester. C’est pourquoi nous voterons contre ce rapport.

Je vous remercie.


Amendement présenté par Christelle Dupré

Exposé des motifs :

Le rapport sur le Pacte Européen pour la Montagne met en avant une volonté d’accroître l’interventionnisme européen dans les politiques de montagne.

Le Pacte Européen pour la Montagne en prônant un engagement fort au niveau de l’Europe, vise une adaptation des programmes et la mise en place d’un observatoire européen, ce qui risque d’entraîner une bureaucratisation accrue et une perte de maîtrise des politiques territoriales par la Région. De plus, les études d’impacts préalables aux nouvelles réglementations européennes pourraient s’avérer contraignantes et inadaptées aux réalités locales.

En conséquence, il est proposé de marquer clairement notre opposition à ce Pacte et de réaffirmer notre volonté de mener une politique Régionale de la montagne ambitieuse, en toute souveraineté en conservant une vision dynamique, durable et vivante avec l’engagement de tous les acteurs du tourisme, de l’industrie propice à la transition énergétique.

AMENDEMENT :

Ajouter :

De réaffirmer la souveraineté de la Région dans la gestion de ses territoires de montagne.

De privilégier une politique régionale audacieuse, menée par les acteurs locaux, plutôt qu’un interventionnisme européen.

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