INVESTIR POUR LES MOBILITÉS DE DEMAIN

Rapport n° 94382

Intervention de Benoît Auguste – 27 mars 2025

Le 27 mars 2025 en Assemblée plénière du Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes, Benoit Auguste (RN) s’est prononcé sur le rapport « Investir pour les mobilités de demain », pointant du doigt l’oublie des petites lignes.

Monsieur le Président, chers collègues,

Nous sommes réunis aujourd’hui pour débattre d’un plan de mobilité qui, sous couvert d’ambition et de modernité, révèle en réalité une vision partiellement biaisée, déconnectée des réalités des habitants de notre région. Ce plan pourrait en effet accentuer la fracture territoriale, et imposer une transition écologique coûteuse.

Encore une fois, vous privilégiez les grandes métropoles : Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand…

  • 150 nouvelles rames ? Très bien, mais ne circuleront-elles pas sur des lignes déjà bien desservies.
  • Des investissements lourds dans les infrastructures ferroviaires ? Encore une fois, principalement au service des grandes villes.

Et pour les territoires ruraux ? Presque rien ! Pas un mot sur la réouverture des lignes locales, pas une seule solution pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que la voiture. Pire encore, vous présentez comme une avancée le Bus à Haut Niveau de Service Trévoux-Lyon. Une belle initiative ? Certes mais en partie une illusion ! Ce projet bénéficie uniquement aux zones périurbaines, mais laisse sur le bord de la route ceux qui vivent plus loin, dans nos villages et petites villes.

Notre région se retrouve une nouvelle fois scindée arbitrairement en deux. D’un côté, ceux des métropoles, qui bénéficient de transports modernes et subventionnés.

De l’autre, ceux des campagnes, qui n’ont pas d’autre solution que leur voiture et subissent l’explosion des prix du carburant, se voient imposer des ZFE comme véritable apartheid anti-pauvres et subiront de nouvelles taxes européennes qui seront votées par votre famille politique à Bruxelles.

Nous voyons aussi poindre l’idéologie des khmers verts écologistes imposée sans vision pragmatique.

  • Des trains hydrogène ? Très bien, mais combien ça coûte ?
  • Des rames à batteries ? Très bien, mais où sont fabriquées ces batteries ? En Chine ?

Et pendant ce temps, vous n’évoquez même pas les solutions simples et efficaces :

  • Pourquoi ne pas généraliser la modernisation des trains diesel existants avec des biocarburants ?
    • Pourquoi ne pas optimiser l’existant avant de céder aux lubies coûteuses des écologistes ?

La transition énergétique doit être raisonnée et non devenir une fuite en avant imposée par des dogmes escrologistes ! Enfin, ce plan met en danger notre industrie ferroviaire.

  • Vous annoncez 150 nouvelles rames… mais seront-elles fabriquées en France ? Rien ne le garantit !
  • Vous acceptez des financements européens, mais à quel prix ?
  • L’UE impose des appels d’offres ouverts à l’international, et nous risquons donc de voir nos impôts financer des trains étrangers, plutôt que des emplois français.

La priorité doit être de protéger notre industrie nationale : patriotisme économique et industriel voulu par le Rassemblement de Marine Le Pen et Jordan Bardella.

  • Nous exigeons que ces investissements bénéficient donc prioritairement à Alstom et aux entreprises françaises.
    • Nous refusons que la Région soit dépendante des financements de Bruxelles venant d’ailleurs de l’argent des Français loin d’être redistribué à la hauteur des versements tricolores.

Nous avons les capacités de produire en France, alors donnons la priorité aux travailleurs français !

Monsieur le Président, ce plan est largement améliorable sur le plan stratégique.

  • Il oublie partiellement les territoires ruraux et la prise en considération des petites lignes comme ont pu nous le dire un représentant de l’association de la ligne Nevers-Paray-Lyon et l’association des usagers des trains d’Auvergne, criant leur désarroi de ne pas être écouté par le vice-président Aguilera.
  • Il impose une transition écologique coûteuse.
  • Il fragilise notre souveraineté économique et industrielle.

Nous demandons ainsi un rééquilibrage des investissements :

  • Plus pour les territoires oubliés.
  • Plus de pragmatisme écologique.
  • Plus de protection pour nos emplois et nos entreprises.
  • Enfin, quid de la sécurité de nos habitants dans les transports en commun gérés par notre Région : vous savez parfaitement que cette tranquillité d’utilisation n’est actuellement pas assurée et devrait constituer une priorité corollaire à toute action de mobilité régionale : on ne monte pas dans des trains lorsqu’on y risque l’agression à chaque arrêt dans des zones de non-droit !  

Les habitants de nos campagnes, ceux qui subissent déjà la hausse des prix et la disparition des services publics, mériteraient plus. A défaut et dans l’intérêt général, nous voterons ce rapport avec les nombreuses réserves évoquées sur le fond.


Amendement présenté par Benoit Auguste

Ne pas oublier les petites lignes !

Exposé des motifs :

Alors que la Région Auvergne-Rhône-Alpes affirme son ambition de renforcer la mobilité sur l’ensemble de son territoire, il est impératif de ne pas négliger les petites lignes ferroviaires rurales, aujourd’hui trop souvent menacées, voire abandonnées. Ces lignes représentent pourtant un maillon essentiel de l’aménagement du territoire, du désenclavement de nos zones rurales et de l’égalité d’accès aux services publics pour l’ensemble de nos concitoyens.

Le Rassemblement National défend une politique de transport qui ne laisse aucun territoire de côté. Les habitants des zones rurales ont autant droit à une offre de transport public de qualité que ceux des métropoles. Favoriser la relance et la modernisation des petites lignes, c’est soutenir nos agriculteurs, nos travailleurs, nos familles, et c’est offrir une alternative concrète à la dépendance à la voiture.

À l’heure où l’on parle de transition écologique et de sobriété énergétique, le ferroviaire rural constitue une réponse pertinente, économique et durable. Il est donc demandé que la stratégie régionale de mobilité intègre expressément la sauvegarde, la modernisation et le développement des petites lignes ferroviaires.

Par conséquent, nous vous demandons que soit ajouté ce qui suit :

AMENDEMENT :

Ajouter à la fin du chapitre I) – STRATÉGIE MATÉRIEL ROULANT ET MAINTENANCE :

« La Région s’engage à préserver et à soutenir activement les petites lignes ferroviaires rurales, en partenariat avec les territoires concernés. Un plan spécifique de diagnostic, de réhabilitation et de redéploiement de ces lignes sera mis en place, dans l’objectif de garantir une égalité d’accès aux transports pour tous les habitants, en particulier ceux des zones périurbaines et rurales. »


Amendement présenté par Céline Porquet

Pour la mise en place d’un plan de réouverture intégrale de la rive droite du Rhône aux trains de voyageurs

Exposé des motifs :

La stratégie « MATÉRIEL ROULANT ET MAINTENANCE » vise à souligner les investissements nécessaires jusqu’à l’horizon 2035. Considérant l’importance de la ligne ferroviaire de la rive droite du Rhône pour la mobilité régionale, le désenclavement des territoires et la relance des petites lignes ferroviaires, il nous paraît essentiel que la volonté régionale concernant ce sujet soit indiquée dans cette convention.

Nous ne pouvons pas aborder la cohérence d’un véritable transport régional, l’égalité territoriale, le développement économique, le désenclavement et la protection de l’environnement, sans que soit mentionnée la réouverture de la rive droite aux trains de voyageurs. La mobilité ne peut pas être à géométrie variable : il faut une vision d’ensemble et cohérente. Cela fait des années que nous intervenons dans cet hémicycle sur ce sujet, et c’est seulement en 2026 que nous verrons le commencement d’un potentiel retour des trains de voyageurs en Ardèche, notamment à la gare du TEIL.

La réponse aux enjeux de mobilité et d’aménagement du territoire ne doit pas être partielle. Les gares de BOURG-SAINT-ANDEOL, VIVIERS, par exemple, doivent également bénéficier de l’attention régionale. Ce projet de réouverture de la rive droite aux trains de voyageurs est ambitieux, demande de l’investissement, du temps, du travail, et c’est pour cela qu’il doit être pensé de façon intégrale et structurée, avec un véritable plan global de remise en service en lien avec la SNCF.

Celui-ci doit être inclus dans cette convention qui prévoit l’investissement nécessaire sur le réseau ferroviaire à l’horizon 2035 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Amendement :

Il est proposé d’ajouter au chapitre I) ce qui suit :

I) STRATÉGIE MATÉRIEL ROULANT ET MAINTENANCE/ Avenant 8 à la convention entre la Région Auvergne-Rhône-Alpes et SNCF Voyageurs / OBJET DE L’AVENANT :

« De mettre en place un plan de réouverture intégrale et progressive de la rive droite du Rhône aux trains de voyageurs. »

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