Rapport n° 91121
Intervention de Alexis Jolly – 20 décembre 2024
Le 20 octobre 2024, en Assemblée plénière du Conseil régional Auvergne – Rhône-Alpes, Alexis Jolly (RN) est intervenu sur les JO d’hiver 2030 qui se tiendrons en Rhône Alpes :
« Merci, Monsieur le Président.
Nous discutons aujourd’hui d’un projet qui doit être une source de fierté nationale, l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans nos Alpes françaises, et permettez-moi de dire que cette fierté est aujourd’hui ternie par les inquiétudes qui sont légitimes et qui ne viennent pas d’une opposition de principe à cet événement, mais de signaux d’alarme clairs et qui nous imposent une vigilance accrue. Parce qu’il ne suffit pas de vouloir les Jeux olympiques pour qu’ils soient réussis, encore faut-il s’assurer qu’ils soient bien organisés, dans l’intérêt de tous et non au détriment des finances publiques et de nos territoires ou de la confiance de nos concitoyens.
Le Rassemblement National a toujours soutenu cette candidature parce que nous croyons en nos territoires et dans la capacité de notre Région à acquérir un tel événement pour en tirer des retombées positives, mais soutenir un projet ambitieux ne signifie pas fermer les yeux sur ses éventuelles dérives.
Commençons par parler du budget, on nous présente un chiffre, 3 milliards d’euros, mais qui peut ici sincèrement croire que ce budget sera respecté ? Les expériences passées sont éclairantes. Regardons les Jeux de Sotchi, de Tokyo ou même des événements européens plus modestes, tous ont été marqués par des dépassements budgétaires considérables.
D’ailleurs, les rapports récents de l’Inspection générale des finances sont venus confirmer ces craintes et mettent en garde contre un risque important de dérapage financier. Ce ne seront pas les promoteurs de ce projet qui paieront la note mais nos concitoyens qui sont déjà étranglés par l’inflation, la pression fiscale, et ce dans un contexte politique et institutionnel plus qu’incertain.
Alors se pose aussi la question de la gouvernance. La création du COJOP et de la Solideo 2030 doit permettre de faire évoluer des pratiques vers davantage de transparence et de rigueur, mais que constatons-nous ? Des nominations contestées, des conflits d’intérêts potentiels, une grande opacité dans les processus de décision. Ce sont des signaux extrêmement préoccupants.
Ces JO ne doivent pas devenir le prétexte pour alimenter les réseaux d’intérêts ou servir des ambitions personnelles, ils doivent être un événement au service de tous les Français, au service de la grandeur de la France, et ne pas être confisqués pour servir l’autopromotion de la carrière de quelques-uns.
Nous demandons que chaque décision soit justifiée, traçable et qu’elle réponde à l’intérêt général. Nous demandons également des audits indépendants pour garantir que ce projet reste sur des bons rails.
Enfin, se pose la question de la place des collectivités locales. Ces dernières sont souvent les premières à supporter les coûts mais les dernières à être consultées. Les départements et les communes concernés doivent être pleinement associés aux décisions stratégiques et chaque euro investi par nos collectivités doit être justifié. Ces investissements doivent avoir un sens. Ils doivent répondre aux besoins des habitants, pas seulement aux exigences ponctuelles de cet événement. Les infrastructures créées ou rénovées doivent être durables, utiles et accessibles à long terme.
Enfin, comment ne pas parler de l’impact écologique de ces Jeux sur l’écosystème fragile et contraint de la montagne ? On nous promet un modèle de sobriété, mais qu’en sera-t-il vraiment ? Les Alpes sont un trésor que nous devons protéger et toute atteinte irréversible à cet environnement serait une trahison envers nos territoires et les générations futures. En résumé, nous souhaitons ardemment que ces jeux soient une réussite, nous voulons qu’ils soient un moment de fierté nationale dans une époque où la France en a plus que jamais besoin. Les conditions de cette réussite, c’est de faire preuve de rigueur, de transparence et de responsabilité. Encore une fois, notre groupe sera vigilant aux dérives qui pourraient parasiter l’organisation de ces Jeux que nous souhaitons, je le rappelle une nouvelle fois, être un grand moment de fierté pour les Français et plus particulièrement pour les habitants de notre Région hôte.
C’est pour ces raisons que nous nous abstiendrons sur ce rapport. Je vous remercie. »